Centre de ressources de plaidoyer pour la protection de l’enfance dans l’action humanitaire

Centre de ressources de plaidoyer pour la protection de l’enfance dans l’action humanitaire

Cette page est une référence pratique pour les professionnels, les militants et les décideurs. Elle présente les contextes les plus récents, des faits importants et une vision claire des impacts que peuvent avoir les crises humanitaires sur les enfants et sur leur protection. Elle vous permet aussi d’accéder à des ressources de plaidoyer essentielles pour étayer toute action.

Utilisez les boutons ci-dessous pour découvrir des informations clés, ainsi que des analyses et des ressources essentielles pour étayer la défense des enfants dans un contexte humanitaire. 

L'impact des crises humanitaires sur les enfants et leur protection en 2025 et 2026 : Aperçu général

Pendant l’année 2025 et jusqu’en 2026, le nombre d’enfants touchés par les guerres, les catastrophes et les crises humanitaires n’a cessé d’augmenter. Du Soudan à Gaza, de l’Ukraine à la Colombie, des millions d’enfants subissent les conséquences dramatiques de la violence, des déplacements et des chocs climatiques, une situation chaque jour amplifiée par la convergence de ces trois phénomènes.

Près d’un enfant sur cinq dans le monde vit actuellement dans ou à proximité d’environnements de conflits armés ou de violences armées. La vie dans de tels contextes aggrave sensiblement l’exposition des enfants à la violence, à l’exploitation, aux négligences et aux mauvais traitements, ce qui nuit à leur sécurité, à leur développement et à leur bien-être.

Malgré la résilience dont ils font preuve, les enfants vivant dans des contextes fortement affectés par des conflits armés, des déplacements ou des catastrophes, constituent l’un des groupes les plus vulnérables. À l’heure où les violations du droit humanitaire et des droits humains internationaux se perpétuent (voire, dans de nombreux cas, s’aggravent), le manque de prise de responsabilités et la montée de l’impunité ne cessent d’alimenter ces violations, d’accroître l’exposition des enfants aux risques et de fragiliser leur protection.

La mission du système humanitaire est la protection des enfants dans les contextes où leur survie et leur développement à long terme sont menacés. Or, le système est aujourd’hui sous pression et, plus grave encore, il subit même une contraction. Le poids des défis structurels et de la multiplication des besoins, auquel s’ajoute une aggravation de la crise du financement, provoque la fermeture, la réduction et la fragmentation des services de protection de l’enfance, souvent en l’absence de dispositifs de transition sécurisés ou basés sur des principes.

Ce qui n’était en 2025 qu’une crise émergente est devenu en 2026 une régression généralisée et documentée des services de protection de l’enfance.

Des centaines de millions d’enfants sont exposés quotidiennement à la violence, à la faim, à la peur et aux privations, parmi lesquelles l’entrave à l’accès aux soins de santé, à l’éducation, à un logement sûr et à un environnement protecteur et épanouissant composé de leur famille et de leur communauté. Cette accumulation de risques affecte les enfants, quels que soient les contextes de crise qu’ils subissent.

Chaque enfant doit pouvoir bénéficier du droit à la protection Cela comprend le droit à la survie, le droit de réaliser pleinement son potentiel et le droit d’atteindre l’âge adulte en développant sa capacité d’agir et en affirmant sa dignité. Or, de très nombreux enfants du monde entier, notamment ceux qui vivent dans des contextes fragiles et touchés par des conflits, ne sont pas en capacité d’exercer ces droits.

Des données probantes montrent aujourd’hui que des millions d’enfants sont en train de perdre leur accès à des services d’aide et de protection indispensables, au moment même où les risques auxquels ils sont exposés s’intensifient.

Des réformes humanitaires majeures, qui s’accompagnent de réductions du financement, bouleversent la définition des priorités, l’acheminement des aides et la pérennisation des services. Ce phénomène est en train de rogner le champ d’action de la protection de l’enfance, limitant la disponibilité de services essentiels tels que les interventions de protection de l’enfance spécialisées et les réponses sectorielles plus générales qui contribuent à la protection de l’enfance.

Mises bout à bout, ces tendances révèlent un environnement mondial de plus en plus dangereux et imprévisible pour les enfants touchés par les crises, signalant à quel point il est urgent de refaire de la protection de l’enfance la priorité numéro un de l’action humanitaire.

En bref : Les enfants dans les crises humanitaires en 2025 et 2026

  • Multiplication des conflits : En 2024 et 2025, le nombre de pays impliqués dans des conflits armés n’a jamais été aussi élevé depuis la Seconde Guerre mondiale, et cette tendance devrait se confirmer en 2026.
  • 1 enfant sur 5 est touché par un conflit armé : Plus de 500 millions d’enfants vivent à l’intérieur ou à proximité d’une zone de conflit armé ou subissant des violences armées.
  • Des chiffres de déplacement record : Près de 50 millions d’enfants sont déplacés due to conflict, violence, and natural disasters, accounting for 40% of all forcibly displaced people globally.
  • Une forte recrudescence des violations graves des droits de l’enfant : 41 370 violations graves commises contre des enfants ont été constatés en 2024, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2023.
  • Augmentation des actes de brutalité : De plus en plus d’enfants sont soumis à des violations multiples et croisées, par exemple les enlèvements, le recrutement par des forces armées, les violences sexuelles.
  • Restriction de l’accès à l’aide humanitaire : Le nombre de cas avérés d’entrave à l’accès à l’aide humanitaire est passé de 5 205 en 2023 à plus de 7 900 en 2024, une augmentation qui devrait encore s’accentuer en 2025.
  • Intensification du changement climatique : Un milliard d’enfants sont exposés à un risque extrêmement élevé de catastrophes liées au climat, et on estime que 20 000 enfants sont déplacés chaque jour du fait d’événements climatiques extrêmes.
  • Risque d’effondrement dû aux réductions de financement : Des réductions brutales du financement de l’aide humanitaire under five years of age by 2030 and also leave six million children out of school by next year, while disrupting already underfunded child protection systems.
  • Des conséquences dramatiques sur la survie des enfants : Ces coupes pourraient provoquer la mort de 4,5 millions d’enfants de moins de cinq ans en plus d’ici 2030 et privés de scolarité six millions d’enfants d’ici l’année prochaine, tout en perturbant des systèmes de protection de l’enfance déjà sous-financés.

UNICEF/UNI726118/El Baba

Bouleversement du paysage humanitaire : La contraction du système aggrave les risques pesant sur les enfants

Depuis 2025, le secteur humanitaire a subi des mutations profondes, et l’impact sur l’aide concrètement reçue par les enfants a été considérable. Si ces changements sont désormais stabilisés, ils illustrent la contraction du système tout entier, tant du point de vue de l’ambition que de la fourniture de services de protection indispensables aux enfants, et cette dégradation est encore perceptible en 2026.

Depuis 2025, le secteur humanitaire a subi des mutations profondes qui affectent de manière significative le type d’aide à laquelle les enfants peuvent accéder en situations de conflit et de crise. Ces mutations, dues à l’augmentation des besoins, au tarissement des financements et aux réformes appliquées à l’ensemble du système, sont en train de redéfinir la manière dont les priorités sont déterminées et dont les ressources sont allouées, avec des conséquences directes sur la protection de l’enfance.

À partir de 2025, l’Aperçu de la situation humanitaire mondiale (Global Humanitarian Overview, ou GHO) a revu ses ambitions à la baisse face à la contraction des financements et à l’accent mis sur la définition de priorités. L’appel de fonds du 2025 GHO a été réduit à 32,6 milliards de dollars américains, ciblant 114,4 millions de personnes, soit à peine 38,3 % des 298,9 millions de personnes ayant besoin de l’aide humanitaire dans le monde et 64 % du total des personnes initialement visées. Le 2026 GHO poursuit cette tendance, ciblant 87 millions de personnes pour un coût de 23 milliards de dollars américains, soit la couverture la plus faible de la décennie, malgré l’accroissement des besoins.

Ces baisses sont dues à une combinaison de plusieurs facteurs, notamment la pression fiscale, l’évolution des priorités des donateurs et l’existence de dynamiques politiques plus globales qui façonnent l’engagement humanitaire. En pratique, ces facteurs restreignent l’action humanitaire en mettant davantage l’accent sur les besoins les plus immédiats.

Dans le même temps, des réformes humanitaires majeures, telles que la refonte de l’aide humanitaire (« humanitarian reset ») et d’autres processus de restructuration, transforment l’organisation et la mise en œuvre des interventions. Ceci affecte directement les services de prévention et de soutien spécialisés de la protection de l’enfance, mais aussi l’ensemble de la programmation dans tous les secteurs qui contribuent à la prévention des risques pour la protection de l’enfance dans des contextes humanitaires.

Ce que les nouvelles données probantes révèlent : Augmentation des atteintes à la protection de l’enfance et contraction des services

spanish cover

Dans un rapport récent intitulé Impact des réductions de financement sur les enfants et leur protection dans les contextes humanitaires : Analyse un an après, l’Alliance pour la protection de l’enfance dans l’action humanitaire confirme que les chocs de financement de 2025 ont suscité une détérioration de la protection de l’enfance à l’échelle du système tout entier.

  • Augmentation des violations : Près de 75 % des professionnels signalent une augmentation des violations de la protection de l’enfance et 45 % notent même une augmentation importante du phénomène.
  • Les zones de conflit sont les plus sévèrement touchées : 53 % des professionnels signalent une augmentation significative des risques dans les zones de conflit (contre 26 % dans les autres contextes).
  • Effondrement des services :91 % des professionnels signalent un accès réduit aux services de protection de l’enfance et environ 25 % constatent des fermetures complètes à certains endroits.
  • Baisse du nombre d’enfants pris en charge : 55 % des professionnels signalent une couverture réduite, y compris des coupes importantes dans la présence et les activités de première ligne.
  • Perturbation des services de base : Santé mentale et aide psychosociale (64 %), aide en espèces (63 %), programmes destinés aux enfants associés aux groupes armés (59 %) et gestion des cas (58 %).
  • Réduction du personnel et déclin de la qualité : Plus de 60 % des professionnels signalent une incapacité à respecter les Standards minimums et des pertes de capacité technique importantes.
  • Effets de l’effondrement des budgets : 84 % des professionnels signalent des réductions de budget, dépassant 40 % dans la moitié des cas.
Child standing in a field with flooding

(UNICEF/UNI640023/Pouget)

Effets des crises sur la protection de l’enfance en 2025/2026

Les enfants subissent les crises humanitaires de manière immédiate, profonde et durable. La convergence des chocs de 2025 et 2026, notamment l’escalade des conflits armés, les déplacements généralisés, les catastrophes climatiques et le manque de financement, aggrave les risques auxquels sont exposés les enfants en termes de protection, de développement et de bien-être.

Cliquez sur le carrousel pour consulter les risques en matière de protection auxquels les enfants sont exposés dans des contextes humanitaires. Vous y trouverez des tendances et des données à jour.

Ressources essentielles pour le plaidoyer

Pour plus d’informations sur l’aide, les ressources et les outils de plaidoyer, veuillez contacter le Groupe de travail sur le plaidoyer (advocacywg@alliancecpha.org) ou notre spécialiste des partenariats stratégiques et du plaidoyer, Elspeth Chapman (elspeth.chapman@alliancecpha.org).